Voiam sa semnalam de ceva timp un lucru interesant. Si anume modul in care avocatii generali se straduiesc sa fie convingatori in argumentare. Ei bine, un exemplu relativ recent, de anul trecut (20 martie, mai precis) este chiar pertinent; despre hotarare am facut mentiune aici (*).
In concluziile avocatului general Colomer in mentionatele cauze conexate, persoana cunoscuta deja pentru argumentarea constanta & convingatoare in favoarea acordarii unei preeminente clare, dublata de o autonomizare a continutului juridic, pentru cetatenia UE, in raport cu regimurile nationale (sociale, in primul rand, dar nu numai), se face o incursiune istorica in realitatea mobilitatii transnationale a studentilor, trecand de la Bagdad la Oxford & Sorbona…
Bine-bine, veti spune pe drept cuvant, noi vrem sa fim concreti, lasati povestile astea. Ei bine, nu e chiar asa de bine. Atunci cand absolventii universitatilor, de la “noi”, dar si de la “ei”, in buna masura (n.b. mai nou, surprindem cu stupoare exprimarea unui adjectiv de genul “academic” pentru desemnarea unui sinonim mai vechi, adica “universitar”) nu cunosc exact cine a fost Anselm de Cantenbury ori Thomas Morus sau Pascal, insa pot recita (fara gres) numele fundasilor notabili de la echipele din “Champions League”, atunci exista o problema de perspectiva…
Asadar, cititi ce scrie dl. avocat general (*). In contextul in care circumstantele spetelor nu sunt iesite din comun pt. jurisprudenta anterioara a CJCE.
V – La mobilité des étudiants
Une constante historique
37. Bien que, selon Thomas More, l’instruction impartie dans sa propre langue «est riche, harmonieuse, fidèle interprète de la pensée» (14), la soif de savoir incite à aller chercher les sources, afin d’apprendre des plus érudits, quel que soit l’endroit où ils se trouvent et la langue dans laquelle ils enseignent. Ce désir engendre un flux d’élèves vers les maîtres, qui a été constaté à toutes les époques”
38. Dans l’Antiquité classique, parmi les centres qui ont attiré les personnes les plus diverses, rappelons l’Académie de Platon, le Lycée d’Aristote ou les écoles de Pythagore et d’Alexandrie, cette dernière fondée par Ptolémée Sôter au III siècle avant J.-C., où Euclide a brillé.39. À partir du IX siècle, avec l’épanouissement de la vie monastique, des salles sont apparues dans les couvents et les abbayes aux fins d’instruction des moines qui, sous de nombreuses latitudes, ont réservé une annexe externe à l’accueil d’autres disciples (Jarrow, Cork, Corbie, Richenau, Montecassino, …). En parallèle, les évêques et les chapitres ont créé, à l’ombre des cathédrales, des écoles épiscopales (Reims, Chartres, Cologne, Mayence, Vienne, Liège, …). Le monde arabe n’ignorait pas non plus le phénomène, car Bagdad et Cordoue, par exemple, ont constitué des cabinets d’études dotés de riches bibliothèques et d’observatoires astronomiques.
40. Aux alentours du XII siècle, l’enseignement a commencé à être donné par des personnes extérieures aux écoles religieuses. C’est ainsi qu’est née l’idée des universités, ouvertes à des étudiants et à des professeurs de nationalités distinctes, qui, se servant du latin comme lingua franca, aspiraient à communiquer et à transmettre des savoirs. La première université a été créée à Bologne, mais elles se sont ensuite étendues dans toute l’Europe (Paris, Palencia, Oxford, Montpellier, Salamanque, …) (15).
41. L’université a engendré une grande mobilité sociale. Les enfants des nobles, des bourgeois, des commerçants, des artisans et des paysans étaient admis, les difficultés économiques étant surmontées grâce aux bourses et aux prébendes. Toutefois, l’apparition des États nationaux et les guerres de religion ont amoindri le caractère œcuménique des débuts.
42. Ainsi, Juan Luis Vives (1492-1540) a exercé son activité à l’université de Valence, à la Sorbonne à Paris, à Bruges, à Louvain et à Oxford; Miguel Servet (1511-1553) a suivi des cours de droit à Toulouse, de médecine à Paris et à Montpellier, ainsi que de théologie à Louvain; David Hume (1711-1776) a étudié la littérature et la philosophie à Reims et en Anjou, puis, après deux ans à Paris, est rentré en Écosse, où il a refusé la chaire qui lui a été offerte; Karl Marx (1818-1883) s’est formé à l’université de Bonn, mais il a vécu à Paris, à Bruxelles et à Londres, exerçant une influence intellectuelle profonde.
43. Parmi ces voyageurs du savoir, Érasme de Rotterdam (1469-1536) a une place privilégiée. Il a étudié à l’université de Paris, a été précepteur du fils du roi d’Écosse Jacques II, a obtenu son doctorat en théologie à Bologne, déclinant l’invitation du pape Léon X à rester à Rome. Il est parti en Angleterre, où il a été bien reçu par Henri VIII et a eu des contacts avec John Colet et Thomas More. Il a exercé en tant que professeur résident titulaire de théologie à Cambridge. Il a travaillé dans la maison d’édition d’Aldus Manutius à Venise. Il a gagné le respect de l’empereur Charles Quint, également roi d’Espagne, qui l’a nommé conseiller de Flandres (16). Il s’est installé quelque temps à Fribourg et s’est retiré à Bâle pour s’occuper de la publication de ses œuvres (17). Sa vie fait rêver aujourd’hui, démontrant que, à la fin du Moyen-Âge, l’Europe n’avait pas de frontières pour la vie intellectuelle et n’était pas compartimentée par des différences linguistiques, qui, sans nier la valeur culturelle qu’elles représentent, appauvrissent l’échange d’idées et la progression vers une union plus étroite et plus engagée des peuples de ce continent. Le mythe d’Érasme apporte une lueur d’espoir pour surmonter ces barrières (18).